Alors que le monde passe des promesses aux actions, il est essentiel d’aborder le climat de manière holistique. Vivre avec le changement climatique signifie faire face aux impacts sur l’eau et prendre les mesures nécessaires pour réduire la vulnérabilité des communautés et des économies.

«La pénurie absolue va devenir la norme et la gestion de l’eau doit donc être intégrée dans tous les aspects des politiques publiques, tant au niveau national qu'international.»

David Lloyd Owen
Membre du conseil consultatif de Pictet sur l'eau

L’économie mondiale traite depuis longtemps l'eau comme une ressource infinie, entraînant ainsi un gaspillage et, plus généralement, une mauvaise utilisation de la ressource et compromettant les écosystèmes, la santé humaine et la durabilité économique. Pour prospérer, les populations ont besoin d'un accès à l’eau potable et exempte de maladies. Bien que 2,8 milliards de personnes aient obtenu un accès "amélioré" à l'eau entre 1981 et 2015, on estimait encore que 4,5 milliards de personnes (61%) n'avaient toujours pas accès à l’eau potable en 2015.

Alors que dans les années 1960, 24% de la population mondiale vivait dans des zones de pénurie d'eau, ce chiffre est passé à 58% dans les années 2000. Cette situation est due au changement climatique, à l'urbanisation et à la hausse de la demande en eau suite à une aisance financière en augmentation.

Les Jeux olympiques de Pékin de 2022 illustrent le peu d’intérêt accordé à l'eau par rapport à d'autres questions économiques, environnementales ou sociales. Ces JOs avaient été présentés par leurs organisateurs comme ceux « les plus verts de tous les temps" grâce à une série de mesures, incluant la reconversion des sites, l'utilisation de transports économes en énergie, le recours exclusif aux énergies renouvelables et la plantation d'arbres en Afrique. Cependant, peu d’attention aura été accordée à l'impact de l’usage exclusif de la neige artificielle dans des régions les plus arides du pays. On estime que 2,8 millions de mètres cubes d'eau seront consommés pour fabriquer de la neige sur un site qui ne reçoit que 21 cm de neige en moyenne par an. C'est assez pour remplir 1'000 piscines olympiques.

Le saviez-vous?

En 2015, on estimait encore que 4,5 milliards de personnes (61%) n'avaient toujours pas accès à l’eau potable.

«Nous sommes au début d'une révolution numérique qui, si elle est déployée et dirigée efficacement, pourrait changer fondamentalement la gestion de l'eau, en fournissant de meilleurs services qui utiliseront moins d'eau.»

Marie-Laure Schaufelberger
Head of Group ESG & Stewardship

En commençant à considérer les eaux usées comme une ressource, un futur durable pour l’eau devient envisageable. Nous devons accélérer le rythme du changement. En tant qu'investisseurs et philanthropes, il existe de nombreuses façons d'avoir un impact positif sur la gestion de l'eau. De par notre statut de propriétaire d’actifs, nous pouvons engager avec la gestion des entreprises qui ont un impact matériel sur le cycle de l'eau, en veillant à ce que l'eau soit à l'ordre du jour du changement climatique au même titre que les émissions de gaz à effet de serre.

Nous pouvons également proposer des solutions d'investissement vers les entreprises qui favorisent la transition ou qui créent des solutions pour une meilleure gestion de l'eau. Enfin, la philanthropie et l'octroi de subventions seront également essentiels pour le financement de projets cruciaux dans le domaine de l'eau, lorsque les bénéfices ne sont pas possibles ou mettent du temps à se concrétiser.

Source: AGEFI, agefi.com/actualites/marches/La-gestion-de-leau-a-lheure-du-changement-climatique

Cet article a été publié dans L'Agefi, le 25 mars 2022. En collaboration avec Swiss Trading and Shipping Association (STSA)